Accueil > Les Conseils de Secteur > Interviews
Qu'en pensent-ils ?

Ambroise Carpin, infirmier au Moufia
Ambroise Carpin, infirmier au Moufia Son métier d’infirmier lui permet d’être en contact permanent avec la population du Moufia et de Bois-de-Nèfles. Deux secteurs bien distincts : l’un urbain, l’autre plus rural.

Les gens ont envie de parler

Si Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir, pour Ambroise Carpin c’est de politique dont il s’agit! Comment ? En participant à la vie de son quartier. « Par mon métier d’infirmier, je suis amené à côtoyer plein de gens. Dans leur intimité très souvent, donc on devient leur confident. Les gens se confient encore plus quand ça va mal. Il faut donc savoir écouter ces personnes, les rassurer et les conseiller ».

Ambroise a entendu parler des Conseils de Secteur. La formule lui plaît ! «C’est bien de donner la parole aux gens. C’est une manière de poursuivre le dialogue entamé plus tôt pendant la campagne électorale. On reproche souvent aux élus de ne plus être accessibles... une fois élus. En permettant aux administrés de se prononcer et, surtout, de faire des propositions, la mairie de Saint-Denis prouve sa volonté de gouverner avec tout le monde ». « Comme dans bon nombre de quartiers, il y a un potentiel fou ici », poursuit-il. « Il suffit seulement de donner les moyens à la population. Les propositions doivent venir de la base afin de répondre aux vraies attentes. Ce n’est pas l’élu ou le cadre administratif qui doit, de son bureau, décider ce qui est bon ou pas pour tel ou tel quartier. En ce sens, les Conseils de Secteur semblent être une bonne solution ». « M’engager ? Oui mais pas pour adopter la politique de la chaise vide ! »

Luciano Mabrouck, musicien, le Chaudron
Luciano Mabrouck, musicien, le Chaudron
Leader du groupe Kom Zot, Luciano Mabrouck est une référence pour les jeunes du Chaudron. Les Conseils de Secteur ? « Si c’est vraiment pour donner la parole au peuple, je dis que c’est une très bonne chose. La question que je me pose est de savoir kosa zot i sa fé eksa. Si c’est un truc sérieux avec des techniciens pour conseiller les gens sur comment faire, ça marchera forcément. Mais si c’est in zafèr artificiel, non. Les gens savent ce dont ils ont besoin mais souvent, c’est sur la manière de faire sur laquelle ils butent ».

Un quartier sans culture est un quartier mort

Luciano est un artiste qui dit haut et fort ce qu’il pense. Ses compos lui permettent de relayer les désirs et les inquiétudes de la population du Chaudron et de la Réunion. « Car si on ne dit pas ce qui est bon pour nous, qui le dira ? » clame t-il. Il poursuit : « J’espère sincèrement que ces Conseils de Secteur vont vraiment jouer leur rôle et que la municipalité prendra en compte les propositions des gens. Ici, par exemple, les jeunes manquent d’activités. Le dimanche, il n’y a rien à faire dans le quartier, c’est triste! Les jeunes tournent en rond et finissent par se laisser entraîner. Même le meilleur zanfan domoun ! Pour moi, un quartier sans culture est un quartier mort. C’est le cas du Chaudron et de Saint-Denis en général ».

Le musicien souhaite que ces Conseils de Secteur soient littéralement tournés vers l’avenir : « Ce qu’on faisait il y a 10 ou 20 ans, on ne peut plus le reproduire aujourd’hui ». Et il conclut : « Le Chaudron a bien évolué mais il reste encore beaucoup à faire. Il est temps de recréer une vraie vie de quartier et d’en finir avec ces querelles personnelles ou politiques qui ralentissent le cours des choses ». L’artiste invite donc les jeunes qui le souhaitent à faire entendre leur voix dans les futurs Conseils de Secteur !

je prends la parole
je prends la parole